Stimuler les coopérations avec la facilitation

Les Facilitateurs d'Alsace (septembre 2016)

6 septembre 2016, plus d’une vingtaine de professionnels du monde industriel et associatif ont participé à la réunion des Facilitateurs d’Alsace, un collectif de consultants, managers, formateurs qui se réunissent pour approfondir, faire connaître et développer les techniques de facilitation.

La facilitation au service des projets collaboratifs.

Souvent associée à de l’innovation sociale, la facilitation est un ensemble de techniques qui permet à un groupe de coopérer efficacement. Chaque personne peut s’y exprimer, trouver sa place et s’engager. La facilitation est utile dans des problématiques complexes : conduite du changement, créativité, recherche de consensus, démocratie participative… Se développant dans la vie publique, le monde de l’entreprise et des associations, la facilitation trouve également des applications innovantes dans la formation et l’enseignement.

Les Facilitateurs d'Alsace (septembre 2016)

Cette variété des profils était représentée pour la réunion de l’IAF Alsace qui s’est déroulée le 6 septembre dernier dans le club-house du Stade de la Canardière, au cœur d’un quartier de Strasbourg. Le président du club de foot est également membre de l’IAF Alsace.

Consultant en santé-sécurité, élus territoriaux, managers de projets d’innovation sociale dans de grands groupes industriels, responsables d’associations, chacun était venu chercher de l’information et acquérir de nouvelles compétences. C’est justement le principe voulu par les premiers organisateurs de l’IAF Alsace. « Nous proposons aux personnes intéressées de participer à nos réunions et vivre des expériences apprenantes, explique Bernard Bloch, chargé de mission à EDF, dont l’entreprise est membre fondateur de l’IAF Alsace. Nos rencontres tendent à résoudre un problème ou bâtir un projet en utilisant à chaque fois des techniques innovantes d’animations collaboratives. Notre objectif vise à doter des acteurs de la société d’outils de facilitation et de les fédérer en réseaux. »

Après un rapide accueil par le président du club de football, Marcellin Grandjean, facilitateur au sein de l’entreprise Welgo, a présenté succinctement l’IAF Alsace et proposer aux participants une séance de travail pour définir le programme des quatre prochaines réunions, en utilisant justement des techniques de facilitation.

Les Facilitateurs d'Alsace (septembre 2016)

Etape 1 : l’émergence d’idées

Marcellin demande d’abord à chaque participant de réfléchir pendant deux minutes sur ce qu’il attend de ces réunions et ce qu’il vient y chercher.

Puis, il leur demande de se projeter dans un an et de réfléchir à ce que chacun aimerait avoir appris d’ici là. Il demande alors aux participants de se constituer en 4 sous-groupes équilibrés de 4-5 personnes, debout autour de 4 tables sur laquelle sont posés des post-it vierges.

Chaque participant est invité à écrire un attendu personnel par post-it en l’énonçant à voix haute avant de le déposer dans un panier.

Après 3 minutes, il demande à chaque sous-groupe de regrouper les post-it sur une feuille paperboard par thématique, en nommant la thématique retenue.

Enfin, il demande à chaque sous-groupe de retenir 2 de leurs thématiques et de désigner deux émissaires porte-parole du sous-groupe. Retenez 2 axes et 2 émissaires.

Etape 2 : sociocratie ou gestion par consentement

Autre facilitateur membre fondateur de l’IAF Alsace, Jean-Luc Watzky, directeur associé d’Équipe & Développement, prend le relais et anime l’exercice suivant.

Il invite les émissaires à s’asseoir en cercle, les non-émissaires formant un deuxième cercle extérieur. Jean-Luc demande à chaque émissaire de présenter sa thématique, à tour de rôle. Après le premier tour de cercle où chaque émissaire a pu présenter les thématiques retenues par son sous-groupe, il propose un deuxième tour de cercle où les émissaires peuvent réagir sur les propositions, à titre personnel.

Les 8 thématiques développées sont notées au paperboard :

  • Quels outils pour quels objectifs ?
  • La posture du facilitateur
  • Avoir du plaisir à s’impliquer
  • La prise de décision éthique
  • La méthodologie (avant-pendant-après)
  • La facilitation dans des groupes de plus de 50 personnes
  • La facilitation au quotidien dans la ville
  • L’animation des idées émergentes, divergentes, créatrices

Jean-Luc propose alors un nouveau tour de cercle qui permet aux émissaires d’exprimer quatre thématiques sur lesquelles ils aimeraient travailler lors des 4 prochaines réunions.

Après ce tour de table, il demande à l’un des émissaires de dresser une synthèse et d’émettre une idée consensuelle du programme de l’année. Cette proposition sera ensuite bonifiée grâce aux apports de l’ensemble des membres du cercle.

Jean-Luc propose un dernier tour de cercle qui permet aux émissaires. de faire part de leurs objections. Aucune n’étant évoquée, le programme est adopté.

Les 4 thématiques de travail ainsi retenues sont les suivantes :

  • Choix des outils pratiques en fonction d’objectifs et ingénierie de la facilitation
  • La posture du facilitateur (en général et dans des situations difficiles ou pour arriver à une décision)
  • Cas pratiques (par exemple facilitation de grands groupes, faciliter au quotidien, dans un quartier, dans la ville)
  • Comment faciliter pour donner du plaisir à s’impliquer ?

Les Facilitateurs d'Alsace (septembre 2016)

Avant de clore la réunion, Jean-Luc demande aux participants du second cercle d’exprimer leur ressenti. Passé la frustration d’avoir été des spectateurs passifs, la majorité d’entre eux reconnaît, d’une part avoir été impressionné par leur propre capacité d’écoute active, d’autre part se retrouver dans le programme des quatre prochaines réunions.

Jean-Luc résume ainsi son plaisir à partager cette démarche : « Ce que j’aime par-dessus tout c’est d’aider le groupe à atteindre cette étape où personne ne penserait plus à dire que c’est l’idée d’un tel qui l’a emporté. Au contraire, cette démarche permet de créer une satisfaction partagée et, pour tous, la perception d’avoir contribué à construire une solution commune, fabriquée à partir des apports de chacun. Cette solution est tout simplement ce que le groupe aura pu faire de mieux avec ses ressources et dans le temps disponible ! Chacun ayant participé activement et affirmé son consentement à la décision finale, tous les membres du groupe sont alors prêts à s’investir pour la réussite du projet décidé ensemble. »

CQFD*, cette réunion aura permis aux organisateurs de bâtir le début d’un projet en montrant des techniques de facilitations, et aux participants de vivre une expérience concrète de facilitation en mouvement.

A écouter les participants, chacun a hâte de vivre la réunion suivante.

* CQFD : Ce Qu’il Fallait Démontrer

 


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