Café Parlote du 12/02/26

Pour son premier Café Parlote 2026, Les Facilitateurs d’Alsace ont investi le Philibar, histoire de changer de crémerie. Un lieu adapté car le jeu est souvent utilisé dans les sessions d’intelligence collective.

Voici la chronique de Bernard Bloch (Les Facilitateurs d’Alsace). Rappelons d’abord quelques fondamentaux.

Qu’est-ce qu’un Café Parlote ?

Un rendez-vous pour revenir sur vos pratiques de facilitateurs.trices et se nourrir des expériences des participant.e.s.

Un Café Parlote est ouvert à toutes les personnes qui développent des démarches de coopération dans leur quotidien. Mais pour des questions qualitatives, le Café Parlote est restreint à 12 personnes max.

Concrètement, chacun apporte de quoi « nourrir » les autres (une expérience, un outil, une problématique, une théorie…) et, grâce à cela, les participants autogèrent la suite.

De quoi avons-nous discuté le 12 février 2026

Ce Café Parlote a accueilli quelques habitués et trois nouveaux venus, attirés par la promotion de notre rencontre sur Linkedin. Pour faire connaissance, j’ai proposé aux participants de se présenter en abordant un récent vécu d’intelligence collective.

Deux nouveaux venus utilisent des outils de facilitation dans l’accompagnement d’équipes en transformation, respectivement dans le domaine médico-social pour Thomas Berteaux, et auprès de directions juridiques pour Véronique Barjon.

De son côté, Julien Brodier travaille dans le numérique, il organise et participe à de nombreux événements entre pairs, type Meet-up Crypto Alsace et il est curieux d’en apprendre plus sur la facilitation

Valérie Vogel, déjà venu aux rencontres des Facilitateurs d’Alsace, développe quant à elle la facilitation auprès des écoles pour aider les enfants à s’insérer dans leur écosystème faune/flore.

Lina Tremisi, habitué des événements du collectif, est formatrice et participe à de nombreux événements comme coach facilitatrice, notamment lors des hackathons.

Cohésion d’équipe et gestion des prises de parole

En entendant chacun s’exprimé, j’ai noté plusieurs sujets que j’ai partagé avec les participants pour qu’ils choisissent celui dont ils souhaitent qu’on échange entre nous.

Posture du facilitateur, répartition de la prise de parole, cadre de confiance, talents du facilitateur, souplesse des sessions, rigueur des designs, le groupe consent à l’envie de Thomas et Véronique de creuser le sujet de la cohésion d’équipe et de la gestion du temps de parole.

Rebondissant sur les propos de Lina, je leur explique qu’effectivement nous avons inscrit la cohésion d’équipe dès le commencement des travaux des équipes lors des hackathons. En effet, le vendredi soir, un porteur de projet retenu se retrouve avec des participants qui ont envie de l’aider mais qui ne se connaissent pas. Pour cette séquence de cohésion d’équipe, on utilise le « Portrait-robot » qui va permettre à chaque membre de l’équipe d’expliquer ses motivations par rapport à l’équipe et ses apports au projet, l’ensemble des portraits-robots donnent ensuite une photographie des talents en présence dans cette nouvelle équipe-projet qui vient de se constituer.

Un autre outil que j’aime bien utiliser est le MBTI, ou du moins une version très allégée mais qui permet déjà de mieux se connaître et mieux connaître les autres, favorisant ainsi la qualité des échanges et limitant les risques d’incompréhension. Pour en savoir plus sur ces sujets, vous pouvez les retrouver dans ma conférence « Le facteur humain dans les équipe-projets » que j’avais proposée dans le cadre du festival Bizz and Buzz.

La qualité de l’accueil des participants, le cadre choisi, le côté convivial et ludique du lieu choisi et du déroulé des sessions d’intelligence collective concourent fortement à leur réussite. L’attention aux autres et l’écoute active font partie des incontournables du climat de confiance, soulignent tous les participants.

Bien connaître les participants est important mais ne suffit pas à gérer les prises de paroles. Je leur explique que, pour ma part, j’aime bien commencé par une « purge » qui permet ainsi à chaque participant d’exprimer ce qu’il ressent et ce qu’il a déjà en tête par rapport à la problématique soulevé et à solutionner lors d’un atelier de facilitation. Je leur partage que c’est justement ce que j’ai utilisé il y a deux jours lors des ateliers « IA, accessibilité et innovation » que j’ai facilités.

Lina indique qu’elle aime bien utiliser aussi les Chapeaux de Bono pour forcer et aider chacun à exprimer un point de vue différent du sien. Je leur précise que j’aime bien transformer les six chapeaux de Bono en autant de parties prenantes et de points de vue à confronter autour d’une problématique. Tous les participants conviennent que cet outil contribue à la cohésion du groupe, favorisant l’écoute des peurs et envies de chacun.

Pour souligner l’importance de prendre en compte les points de vue des différentes parties prenantes, je leur conseille de regarder la mini-série The Playlist. Les six épisodes romancent l’histoire de Spotify à travers le regard de chaque partie prenante, un par épisode : le startupper (ép. 1), l’industrie musicale (ép. 2), le juriste (ép. 3), le développeur informaticien (ép. 4), le partenaire financier (ép. 5) et l’artiste (ép. 6). Nin bons ni méchants, ce sont autant de points de vue à entendre et à prendre en compte.

Pour gérer les temps de parole, outre le bâton de parole, Thomas explique qu’il aime bien utiliser des allumettes. Chaque participant prend une allumette, l’allume et son temps de parole d’éteint en même temps que l’allumette. Original !

Gérer les conflits

Un autre sujet abordé concerne la gestion des conflits, que ce soient des conflits intérieurs qui nous perturbent, ou des conflits interpersonnels.

Thomas explique qu’il aime bien utiliser Les 3 trois chaises. Il s’y assied sur chacune d’entre elle pour jouer un rôle précis et ainsi abordé deux points de vue opposé. La troisième chaise lui permet d’être le témoin de la situation pour prendre du recul, rationnaliser ses conflits intérieurs et repartir de l’avant.

Je leur partage à mon tour comment j’ai déjà utilisé cette approche pour gérer des ressentis interpersonnels ou souvent des visions différentes d’une même situation. Un outil utile, entre jeu de rôle et PNL (programmation neuro-linguistique)

De son côté, Véronique explique qu’elle préfère d’abord prendre son stylo pour écrire et verbaliser ses conflits intérieurs. Un bon moyen pour elle pour prendre du temps pour identifier et rationnaliser nos gênes.

Bref…

Les deux heures de ce Café Parlote passent vite et les nouveaux venus semblent contents de cette première. Comme l’explique Valérie, c’est un bon moyen d’échanger sur les réussites et les difficultés rencontrés par des facilitateurs. Ça tombe bien, c’est tout l’intérêt de nos Café Parlote !

A suivre.

Prochain Café Parlote des Facilitateurs d’Alsace
26 mars 2026 de 18h30 à 20h30 à Strasbourg
Détails et inscription


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