Jeudi 26/3, La Pérestroïka, Café Parlote des Facilitateurs d’Alsace
La chronique de Bernard.
La table du sous-sol était réservée, mais la première arrivée m’a convaincu de remonter squatter une table au cœur du bar, dans une ambiance plus vivante et plus bruyante.
Prévu idéalement pour huit à douze personnes, nous étions finalement neuf participants pour ce nouveau Café Parlote.
En guise de brise-glace, j’ai tout d’abord demandé à chacun de se présenter à partir de sa ville de naissance.
De la plus éloigné au proche, la soirée a ainsi réuni Nadine de Hambourg, Anne-Claire de Versailles, Véronique de Saint-Germain-en-Laye, Nathalie de Paris XIVe, Thomas de Toul, Türkân et Francis de Colmar, Herrade de Sélestat, et moi, Bernard de Strasbourg.
Ce premier exercice a montré toute l’attractivité de l’Alsace, mais aussi la diversité des profils présents : des coachs, des consultants, des communicants, des bénévoles engagés, des experts en stratégies de transformation, en RH, RSE, santé, environnement, conformité réglementaire, ou encore en interculturalité internationale, qui utilisent tous fréquemment la facilitation. Bref, une belle représentation des professionnels de la facilitation en 2026.
Des tops, des flops, des idées
Le cœur du réacteur des Café Parlote des Facilitateurs d’Alsace s’appuie par une longue séquence de tops et de flops, telle qu’imaginée par Marcellin il y a déjà dix ans.
Durant deux minutes, chaque participant note sur des post-it les bonnes (tops) et moins bonnes expériences vécues récemment en tant que facilitateurs, ainsi que des trucs et astuces (idées) qu’il a découvert et qu’il a envie de partager avec ses pairs.
Chacun a ensuite une minute pour lire tous ses posts sans les commenter, afin de donner envie aux autres participants d’en savoir plus et d’en discuter. A ce stade, j’ai dû faire preuve de diplomatie et de fermeté pour tenir le timing de chacun.
Des tops
- Glad Sad Mad, pour aider les membres de votre équipe à parler de leurs sentiments et de ce qui les rend contents, tristes ou énervés.
- Crash on the moon, pour renforcer la cohésion d’équipe et rebooster une équipe ou un groupe.
- Une récente journée de facilitation pour mieux appréhender l’opportunité des lunettes Meta Rayban pour des aveugles et mal-voyants
- Savoir finir une session d’intelligence collective par des good vibes, des bonnes vibrations.
- L’Envol, un centre d’art et de transformation sociale qui se concentre sur l’autonomisation et l’intégration sociale, en mettant l’accent sur l’éducation artistique et la diversité culturelle.
- Déjouer les biais cognitifs pour en finir avec les rumeurs, les a priori et les fake news, néfastes à la vie collective. Voir aussi notre webinaire des Facilitateurs d’Alsace avec Albert Moukheiber.
- Des participants qui se sont présentés des excuses.
- Un processus de recrutement participatif.
- Faire des tops/flops entre étudiants.
- L’intelligence collective pour rédiger une charte et une politique commerciale.
Des flops
- Des réunions avec beaucoup de participants mais très peu de temps permettant aux participants d’échanger entre eux.
- Un décalage entre co-animateurs.
- Un exercice raté de Triade cursive de connaissance (triangle de connaissance), un modèle pédagogique qui vise à promouvoir un apprentissage efficace et pertinent entre l’enseignant, l’élève et le contenu.
- Difficulté de gérer des frictions dans l’équipe.
- Le brainstorming inversé, pour transformer les problèmes en solutions
- Se former, s’outiller en facilitation et intelligence collective, à l’instar des Facilitateurs d’Alsace
- Le Guide illustré de Facilitation, un super livre que Francis m’a offert… et que je n’ai malheureusement pas encore trouvé le temps de lire.
- L’utilisation de l’IA pour la facilitation.
- Le co-dev.
- Structurer les feedbacks.
- La facilitation en distanciel : trucs, astuces, freins.
La liste est longue et l’étape qui suit doit permettre au groupe de se mettre d’accord pour aborder un premier sujet évoqué sur l’un des post-it et c’est parti. Parfois, ce seul sujet passionne les participants et remplit tout le Café Parlote. Parfois, plusieurs sujets s’enchaînent.
Hier soir, j’ai décidé de demander à la plus jeune des convives de proposer un sujet qui lui tient à cœur, parmi ceux évoqués. Véronique a alors choisi le Crash on the moon qu’avait rapidement présenté Francis. Personne ne s’opposant à ce premier choix (vote par consentement), le collectif a discuté de ce sujet durant une bonne heure.
Crash on the moon (Accident sr la lune)
L’exercice « Accident sur la Lune » est une activité pédagogique qui permet aux participants de travailler en groupe et de développer des compétences en prise de décision collective. Francis nous l’explique.
« Crash on the Moon est une expérience d’intelligence collective centrée sur la prise de décision en équipe. Elle s’appuie sur un exercice conçu à partir de travaux scientifiques menés par la NASA dans les années 1960, aujourd’hui largement utilisé dans les grandes écoles et universités à des fins pédagogiques.
Le principe est simple et tient en trois temps.
D’abord, les participants sont plongés dans une situation fictive d’alunissage raté. Ils disposent de 15 objets récupérés après l’accident et doivent les classer individuellement selon leur importance pour survivre.
Dans un second temps, ils confrontent leurs choix pour construire un classement collectif.
Enfin, une fois ce travail réalisé, les participants découvrent le classement de référence établi par les experts de la NASA. Cela permet à chacun de calculer son score individuel, puis de comparer la performance collective à celle des individus.
L’intérêt de l’expérience réside dans le débrief qui suit. Il permet d’objectiver très concrètement la manière dont le groupe a réfléchi et pris ses décisions :
- Le collectif a-t-il fait mieux que la moyenne des individus ?
- A-t-il su capitaliser sur les meilleures expertises présentes ?
- Certains points de vue ont-ils été sous-exploités ou ignorés ?
- Qu’est-ce qui a favorisé ou freiné la qualité de la décision ?
Ce travail ouvre ensuite sur une réflexion plus large :
- Comment fonctionnons-nous réellement en équipe ?
- Comment prenons-nous nos décisions au quotidien ?
- Quels sont nos biais, nos automatismes, nos forces ?
- Quels leviers activer pour décider mieux, ensemble ?
C’est une expérience à la fois engageante, ludique et très révélatrice, qui permet aux équipes de prendre du recul sur leurs pratiques et d’identifier des axes d’amélioration concrets. Elle peut, si besoin, être prolongée par un apport sur les différents modes de prise de décision en entreprise, mais elle se suffit déjà à elle-même pour provoquer des prises de conscience fortes et utiles.
Les questions fusent, le sujet passionne et interroge les participants. Il est déjà 20h quand le sujet semble clos.
La pause est bienvenue est des mini-groupes de formes pour aborder des sujets évoqués. Le groupe devient une ruche active.
Je me retrouve à discuter avec ma voisine et on aborde la gestion des émotions d’un facilitateur. Comment rester neutre ? La posture du facilitateur est un sujet que nous avions abordé avec Les Facilitateurs d’Alsace. Le cadre de confiance, mais aussi la flexibilité du design de l’atelier doit permettre de réagir face à des situations interpersonnelles parfois complexes. Pour ma part, j’aime bien insérer alors une séquence de jeu de rôle ou de Chapeaux de Bono que j’adapte en fonction des situations. On aborde d’autres sujets et je lui vante le principe de la questiologie, l’art de poser les bonnes questions. Et puis aussi l’efficience et l’efficacité, la première étant souvent vantée mais malheureusement souvent supplantée par la recherche d’efficacité dans les entreprises.
Il est 20h30 et le Café Parlote se termine. Certains prolongent la soirée autour de verres et de partage d’expériences.
Prochains épisodes
2/4/26 : devenez facilitatrice/facilitateur pour Revell’East
9/4/26 : devenez facilitatrice/facilitateur pour Workathon Lycées Pros
4/5/26 : Café Parlote des Facilitateurs d’Alsace
… 19/11/26 : devenez facilitatrice/facilitateur pour Workathon Engagement et RSE



